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25ᵉ JOURNÉE SCIENTIFIQUE DU SYNACASS-CI : LE MINISTRE ABOU BAMBA ENGAGE LA MOBILISATION CONTRE LES RISQUES SANITAIRES LIÉS AUX POLLUTIONS ENVIRONNEMENTALES
Jeudi 30 Juillet 2026
Le Ministre de l’Environnement et de la Transition Écologique, M. Abou Bamba, a procédé, le jeudi 30 juillet 2026, à Yamoussoukro, au lancement officiel des travaux de la 25ᵉ Journée scientifique du Syndicat National des Cadres Supérieurs de la Santé de Côte d’Ivoire (SYNACASS-CI).
Prévue du 30 juillet au 1er août 2026 dans la capitale politique ivoirienne, cette rencontre scientifique est placée sous le thème : « Pollution environnementale : pathologies humaines et animales ».
Parrain de cette édition, le Ministre Abou Bamba s’est réjoui du choix de cette thématique, qui traduit, selon lui, une évolution majeure dans la compréhension des liens entre environnement et santé. Les pollutions, la dégradation des écosystèmes et les effets du changement climatique constituant désormais des facteurs déterminants dans l’apparition et l’aggravation de nombreuses maladies, notamment les infections respiratoires, les maladies cardiovasculaires, les cancers, les maladies diarrhéiques, le paludisme, etc.
Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), près de 1,8 million de personnes meurent chaque année de maladies diarrhéiques, dont 9 décès sur 10 concernent des enfants de moins de 5 ans, principalement en raison de l’accès insuffisant à de l’eau potable, du manque d’assainissement et des mauvaises conditions d’hygiène.
En Côte d’Ivoire, le Plan National de Développement Sanitaire (PNDS) indique que le paludisme demeure l’une des premières causes de morbidité chez les enfants de moins de 5 ans et représente 33 % de la mortalité hospitalière.
En outre, l’utilisation du mercure et d’autres substances toxiques dans les activités d'orpaillage illégal entraîne la contamination des sols et des cours d’eau, exposant les populations riveraines à des risques élevés d’intoxication, de maladies chroniques et de cancers. Ces pollutions affectent également les animaux, notamment le bétail, la faune sauvage et les ressources halieutiques, avec des impacts sur la biodiversité et la sécurité alimentaire.
Le changement climatique, quant à lui, accentue les risques sanitaires, sociaux et économiques. La hausse attendue des températures menace directement la sécurité alimentaire. Selon la Banque mondiale, environ 1,63 million d’Ivoiriens pourraient basculer dans la pauvreté en raison de la baisse des rendements agricoles et de la hausse des prix alimentaires.
Par ailleurs, l’urbanisation rapide, conjuguée aux insuffisances en matière d’assainissement, favorise la propagation des maladies, en particulier lors des épisodes d’inondation qui entraînent la contamination des eaux. Ces facteurs augmentent les risques de maladies hydriques, telles que le choléra et les diarrhées, ainsi que d’autres infections liées à la dégradation de l’environnement.
Pour le Ministre, ces chiffres ne doivent pas seulement susciter l’inquiétude, mais guider l’action. A cet effet, il a rappelé les initiatives engagées par le Gouvernement ivoirien à travers le renforcement du cadre juridique de protection de l’environnement, l’intensification de la lutte contre l’orpaillage illégal et ses conséquences sanitaires, ainsi que l’amélioration de la gestion des déchets et des substances chimiques dangereuses afin de prévenir les risques environnementaux et sanitaires, de protéger les populations et de préserver durablement les écosystèmes.
Dans le cadre de sa Contribution Déterminée au niveau National (CDN 3.0), la Côte d’Ivoire a inscrit la santé parmi ses priorités d’adaptation climatique, avec pour objectifs de couvrir 90 % du territoire par des systèmes de surveillance épidémiologique des maladies climato-sensibles et de faire en sorte que 60 % des établissements de santé soient construits ou réhabilités selon des critères de résilience climatique. À cet effet, près de 1 750 milliards de francs CFA ont été mobilisés dans la stratégie climatique nationale.
« Cette bataille ne se gagnera pas dans les seuls bureaux ministériels. Elle se gagnera dans vos cabinets, vos hôpitaux, vos laboratoires, vos cliniques vétérinaires, partout où un professionnel de santé accepte de regarder au-delà du symptôme pour interroger la cause », a-t-il poursuivi.
Prenant la parole à son tour, le secrétaire général du SYNACASS-CI, Dr Guillaume Esso Akpesse, a appelé les professionnels de santé à prendre pleinement conscience de leur responsabilité face aux défis environnementaux actuels.
« Nous avons le pouvoir et le devoir de dire non à l’inacceptable. Nos différents serments nous y obligent. Partout dans le monde, des exemples nous montrent que le changement est possible. La Côte d’Ivoire doit suivre cette dynamique, car nous avons les compétences, la volonté et les ressources », a-t-il déclaré.
